Ce texte s’attaque-t-il au bio et au sol vivant ?

Ce que j’ai reconsidéré.
En relisant, j’ai vu que le passage sur l’agriculture biologique et le maraîchage sur sol vivant peut se lire comme une attaque, et que le raccourci « comprendra qui voudra » peut laisser le lecteur seul face à une accusation qu’il ne comprend pas. Pour un praticien bio ou en sol vivant, cela peut être reçu comme un procès gratuit. Ce n’était pas mon intention, et le maillon manquant méritait d’être déployé.

Ce que je corrige.
Le danger n’est pas dans le label, il est dans le schéma. Le bio et le sol vivant ont changé les intrants et le rapport au sol, et c’est un progrès réel. Mais ils ont gardé la grammaire des machines : des rangs rectilignes, des parcelles homogènes, souvent une espèce par planche, l’usage des bâches plastiques, des gestes standardisés. Or tout ce qui est standardisé est lisible par un algorithme, et tout ce qui est lisible est automatisable. Un champ bio en rangs est aussi simple à confier à un robot qu’un champ conventionnel, plus simple même, puisque le désherbage mécanique de précision est l’argument de vente des premiers robots agricoles. Et le robot ne connaît ni fatigue ni limite, il travaille jour et nuit, sept jours sur sept, sans salaire, sans pause, sans arrêt maladie, sans contrat. Face à ce concurrent, l’agriculteur humain, sur le même schéma de rangs et de planches, ne fait pas le poids.

Ce que je maintiens.
Une agriculture organisée pour être lisible par les machines finira opérée par les machines, et ce jour-là l’humain sera retiré de la production de sa propre nourriture, non par malveillance, mais par simple logique économique. À l’inverse, une Edeneraie, avec ses strates enchevêtrées et ses récoltes dispersées, est illisible pour un algorithme et ingérable pour un robot. Ce qui est un cauchemar pour les machines est une protection pour les humains.


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